Des répercussions économiques sur la Mayenne
Le poids sur les services de santé
Le système de santé local paie un lourd tribut. Les affections liées au tabac encombrent les cabinets de médecins et les services hospitaliers mayennais. À l’hôpital de Laval, on estime que 15 à 20 % des hospitalisations en médecine adulte sont liées (directement ou indirectement) au tabagisme : bronchites chroniques, cancers, maladies cardio-vasculaires.
- Le coût moyen pour l’Assurance maladie d’une hospitalisation pour pathologie liée au tabac est de 4500 à 6000 € par séjour (source : CPAM Mayenne, 2023).
- L’arrêt maladie pour les fumeurs est en moyenne supérieur de 3,1 jours/an par rapport aux non-fumeurs, impactant la productivité des entreprises mayennaises.
Cette surcharge pèse sur les centres de santé ruraux, déjà sous-dimensionnés dans certaines zones de la Mayenne.
Ressources financières détournées
Le tabagisme représente pour de nombreux foyers locaux une dépense qui fragilise leur équilibre financier. En 2023, près de 10 % des usagers accompagnés dans les Centres Communaux d’Action Sociale mayennais avaient des difficultés budgétaires directement liées à leur consommation de tabac (source : CCAS Laval).
- Dans certains quartiers de Laval ou d’Évron, des travailleurs sociaux constatent que l’achat de tabac passe avant d’autres postes essentiels, comme l’alimentation ou les loisirs des enfants.
- Les coûts secondaires (soins, déplacements médicaux, produits de sevrage) alourdissent le fardeau pour les ménages à revenus modestes.
Productivité et absentéisme : un frein au développement économique
Les entreprises locales sont elles aussi touchées par le poids du tabac. L’OFDT estime qu’un salarié fumeur est, chaque année, absent ou moins productif à hauteur de 18 à 20 jours ouvrés, si l’on cumule pauses, arrêts maladie et pathologies liées au tabac.
- Sur un bassin d’emploi comme celui de Château-Gontier-sur-Mayenne, avec 2000 salariés industriels, le coût du tabagisme peut être estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros par an pour le tissu industriel local.
- Des PME témoignent que 5 à 10 % de leur temps de travail global part en pauses cigarettes non programmées.